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Intoxications : Produits et aliments du quotidien

Les intoxications chez le Perroquet de Compagnie

Dr. Ioan Mihai SZALO1, Dr. Frédéric GANDAR1, Dr. Christine CUVELIER2

1 Clinique aviaire, des rongeurs et des lagomorphes, Département clinique des animaux de compagnie et des équidés, Faculté de Médecine Vétérinaire, Boulevard de Colonster 20 B42, 4000 Liège

2 Service de Pharmacologie, Pharmacothérapie et Toxicologie des animaux domestiques, Département des Sciences Fonctionnelles, Faculté de Médecine Vétérinaire, Boulevard de Colonster 20 B41, 4000 Liège

 

 

3. Les produits et aliments du quotidien

 

Dans les précédents articles, nous avons abordé la toxicité des métaux lourds et des végétaux ; nous envisageons cette fois les produits et aliments du quotidien pouvant se révéler nocifs pour les perroquets.

Bien évidemment, nous ne détaillerons que les toxiques les plus fréquemment responsables d’intoxications, cet article ne constitue donc, en aucun cas, une liste exhaustive des produits toxiques pour le perroquet.

Dans un premier temps, cet exposé traitera des toxiques par inhalation, avant de se consacrer aux aliments puis aux produits ménagers.


 Toxiques par inhalation

Tabac

 Les expositions à long terme aux fumées de cigarettes, cigares et pipes entraînent systématiquement, chez les oiseaux, des conséquences au niveau respiratoire, oculaire, dermatologique et comportemental.

Il n’est en effet pas rare d’observer chez les perroquets vivant dans des habitations de fumeurs des problèmes tels que conjonctivites chroniques, toux, écoulement nasal et sinusites. Cette irritation permanente des systèmes respiratoire et oculaire favorise, dans la plupart des cas, les infections secondaires par des bactéries ou des champignons se trouvant également dans l'environnement de l'animal.

Parfois, c’est le comportement de l’animal qui est modifié, et on observe un picage des plumes, responsable de l’apparition, à terme, d’un plumage hétérogène et terne. Chez les embryons et les jeunes oiseaux, la nicotine à elle seule, cause de sévères déformations notamment au niveau du cœur et du bec.

Enfin, lors des manipulations quotidiennes, certains animaux peuvent présenter des irritations de la peau au niveau de la face plantaire des pattes, en contact avec la peau de fumeurs. Notons que la toxicité du tabac peut également se manifester lors de l’ingestion de cigarettes par l’animal. La nicotine est alors absorbée au niveau digestif et provoque assez rapidement une intoxication grave.

Le traitement curatif et surtout préventif le plus simple est d'éviter les expositions aux fumées de tabac et de placer l'oiseau dans une pièce correctement ventilée. Un traitement symptomatique à l'aide d'antibiotiques et/ou d'antifongiques peut également s'avérer nécessaire, en fonction de l'état de l'animal et de la gravité des infections secondaires.

 

Gaz de cuisson

Les casseroles antiadhésives (Téflon®, …), les fers à repasser, les housses de table à repasser, et certaines lampes chauffantes, soumis à des températures excessives (environ 260-280°C), peuvent dégager des particules et des gaz toxiques, qui sont inodores et invisibles.

De telles températures ne sont généralement pas atteintes lors d’un usage classique des casseroles, mais peuvent l’être en quelques minutes si celles-ci sont exposées par inadvertance à une source de chaleur alors qu’elles sont vides. Les voix respiratoires des oiseaux sont particulièrement sensibles à ces poisons, qui entrainent, selon le degré d’exposition, de la somnolence, de l'incoordination (difficultés à se déplacer, donnant une impression d’état d’ébriété), des difficultés respiratoires, des convulsions et parfois une mort brutale de l’animal.

De manière similaire aux cas d'exposition aux fumées de tabac, le traitement est symptomatique.

 

Aliments

Sel 
Le sel de cuisine peut s'avérer toxique chez les oiseaux de cage s’il est ingéré en trop grandes quantités.

Les symptômes observés seront alors une augmentation de la fréquence et du volume des urines et de l'abreuvement, de la fatigue, de la diarrhée, de même que différents signes nerveux : tremblements, incoordination et convulsions.

La mort de l’animal n’est pas rare.

On évitera donc de nourrir les psittacidés avec des chips, divers gâteaux apéritifs, des plats préparés ou tout autre aliment dédié à la consommation humaine comportant des suppléments en sel. Il faudra également éviter d'utiliser du sable marin non rincé comme substrat dans le fond des cages.

Chocolat, café et thé 
Ces aliments contiennent des méthylxanthines : caféine, théophylline et/ou théobromine. Il s’agit de substances qui stimulent le système nerveux central et le cœur.

Elles produisent chez les oiseaux les mêmes effets que ceux observés chez le chient et le chat. On considère qu'un demi-carré de chocolat noir (70% de cacao) peut déjà entraîner une nervosité accrue, des régurgitations, des vomissements, de la diarrhée et des problèmes cardiaques chez un perroquet.

Des doses plus importantes peuvent mener à des convulsions ou à la mort.

Des auteurs ont ainsi récemment décrit le cas d’un perroquet gris (Psittacis erithacus) mort d’une défaillance cardiovasculaire 36 heures après avoir ingéré un beignet au chocolat.

Un autre cas d‘intoxication mortelle a été relaté chez un kéa, un perroquet sauvage de Nouvelle Zélande (Nestor notabilis). L’animal a été retrouvé mort, à proximité des poubelles des cuisines d’un hôtel. L’autopsie révéla la présence de 20 grammes de chocolat noir dans le jabot.

Les teneurs en méthylxanthines du chocolat, du café et du thé sont variables, selon la variété considérée. Ainsi, concernant le chocolat, c’est le chocolat noir qui est considéré comme le plus toxique, en raison de ses teneurs plus élevées en théobromine et en caféine.

Quoi qu'il en soit, ce genre d'aliments n'a aucune raison de se retrouver dans la ration alimentaire d'un oiseau et les intoxications sont souvent accidentelles. Dans ce cas, le pronostic est souvent sombre et les traitements éventuels reposent principalement sur l’administration de charbon activé pour diminuer l’absorption intestinale des toxiques, ainsi que sur le contrôle du rythme cardiaque et des convulsions.

Alcool 
Les symptômes observés chez le perroquet sont similaires à ceux observés chez l'homme ou les mammifères de compagnie, mais les doses létales sont peu connues.

En raison de la petite taille des oiseaux, comparativement à celle de l'homme, une attention particulière doit être portée sur les antiseptiques à usage humain contenant de l'éthanol.

En effet, la désinfection de plaies étendues chez le perroquet à l'aide de ces produits peut entraîner une résorption par l'organisme et les effets secondaires cités ci-dessus.

 

Produits ménagers

Détergents
Les agents désinfectants et détergents doivent absolument être utilisés avec parcimonie dans l’environnement immédiat des oiseaux, en particulier lors de l’entretien et du nettoyage des cages et des ustensiles d'alimentation.

Les vapeurs dégagées par ces produits peuvent mener aux mêmes symptômes que ceux observés lors d’expositions aux gaz de cuisson, de manière plus prononcée pour les produits à base de chlore ou d'ammoniac.

Concernant les dérivés ammoniacaux, en plus de leur pouvoir irritant, des études ont montré leur effet nocif sur le système immunitaire (système de défense de l’organisme) en diminuant, entre autre, la capacité des globules blancs à se multiplier. En cas de contact avec la peau ou les yeux, un rinçage abondant est conseillé en plus des recommandations du fabricant affichées en général sur les flacons. En cas d'ingestion, le traitement est à adapter en fonction de la nature du toxique, il est donc conseillé de consulter rapidement votre vétérinaire.

 

Conclusion

Ce bref résumé des principaux toxiques du quotidien montre que les symptômes observés sont souvent peu caractéristiques du produit mis en cause et que l'issue peut être rapidement fatale.

Il nous paraît donc important d'insister sur la prévention et la réflexion du propriétaire, afin de prévoir les dangers potentiels en rapport avec le comportement exploratoire du perroquet et ses sensibilités particulières.

Ainsi, vu la nature des agents les plus fréquemment incriminés dans des cas d’intoxications, la cuisine d'une habitation se révèle être un lieu relativement inadapté à la détention d'un perroquet. 

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