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Intoxications : les métaux lourds

Les intoxications chez le Perroquet de Compagnie

 

Dr. Christine CUVELIER
Service de Pharmacologie, Pharmacothérapie et Toxicologie des animaux domestiques, Département des Sciences Fonctionnelles,
Faculté de Médecine Vétérinaire, Boulevard de Colonster 20 B41, 4000 Liège


Dr. Ioan Mihaï SZALO, Dr. Frédéric GANDAR

Clinique aviaire, des rongeurs et des lagomorphes, Département clinique des animaux de compagnie et des équidés,
Faculté de Médecine Vétérinaire, Boulevard de Colonster 20 B42, 4000 Liège

 

Partie 1 : Les métaux lourds

Trois articles composent cette série

1. Les métaux lourds
2. Les plantes toxiques
3. Les produits et les aliments au quotidien

danger

« Empoisonnement lt;span style="color: #808080;">», « substance toxique », « substance nocive », « toxine », « poison », « intoxication », sont autant de mots différents, fréquemment utilisés dans le langage courant pour aborder ce qui touche à la toxicologie vétérinaire.

Face à la diversité des termes employés, il peut être utile d’effectuer une clarification, afin que chacun comprenne correctement la suite de l’exposé. Sans entrer dans trop de détails, deux définitions méritent d’être apportées ici.

Tout d’abord, les notions « d’empoisonnement » et « d’intoxication ». « Empoisonnement » et « intoxication » sont des termes qui recouvrent des notions similaires, le premier étant plutôt utilisé dans le langage courant — et souvent pour désigner un acte intentionnel —, alors que le second est un terme appartenant davantage au langage scientifique.

Dans la suite de l’exposé, nous parlerons donc préférentiellement « d’intoxication », terme utilisé pour désigner l’ensemble des troubles dus à l’introduction d’une substance toxiqu

e dans l’organisme. La seconde définition importante est celle de « substance toxique ». Une substance toxique peut être définie comme « toute molécule étrangère à l’organisme et capable d’exercer des effets néfastes sur les organismes vivants ».

Ces notions étant à présent définies, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet.


A travers une série d’articles, nous allons passer en revue les intoxications qui touchent le plus fréquemment le perroquet de compagnie, dans le but d’attirer l’attention de l’éleveur et du propriétaire sur les risques que peuvent constituer certaines substances et sur l’attitude à adopter lors d’intoxication.

Même si les infections restent la première cause de maladies chez le perroquet, les intoxications ne sont pas rares, et ce, en raison de la nature curieuse du perroquet et de ses habitudes de mâchonnement.

En outre, de nombreuses substances présentes dans notre environnement quotidien et pouvant paraître sans danger sont en réalité toxiques pour le perroquet. C’est par exemple le cas du chocolat, du tabac, des pièces de monnaie, de nombreuses plantes d’intérieur,...

Les risques inhérents à l’ensemble de ces substances toxiques seront traités au fil de différents articles. Dans ce premier volet, nous allons nous concentrer sur les intoxications du perroquet dues à l’ingestion de métaux lourds, et plus particulièrement à l’ingestion de plomb et de zinc.

Il faut savoir qu'il existe d'autres métaux lourds, potentiellement dangereux pour les psittacidés (mercure, arsenic …) mais nous ne les détaillerons pas ici, ceux-ci étant beaucoup moins fréquents.

LE PLOMB

L’ingestion de plomb est une cause courante d’intoxication chez les psittacidés.

Le plomb est en effet incorporé de façon discrète et insoupçonnée dans une variété de produits présents dans les maisons, et plus particulièrement dans les vieilles maisons.

Le tableau 1 reprend une liste non exhaustive des sources de plomb. Parmi celles-ci, on retiendra notamment les poids utilisés pour lester rideaux et tentures, les plombs de pêche et de chasse, ainsi que les peintures à base de plomb. Concernant précisément ce dernier point, la probabilité qu’une maison contienne de la peinture à base de plomb dépend de l’année de construction ou de mise en peinture, les maisons bâties avant les années 1950-1960 contenant en général de la peinture à base de plomb.

Ce sont, cependant, surtout lors de travaux de rénovation qu’il faut veiller à être particulièrement prudent : l'enlèvement de la peinture à base de plomb peut exposer les occupants de la maison — perroquets y compris — à de graves dangers pour la santé. Le risque est également présent lorsque la peinture est écaillée ou détachée, et donc accessible au perroquet, en particulier sur les anciennes cages ou celles rénovées à l'aide de peinture anti-rouille.

Chez le perroquet de compagnie, l’intoxication au plomb, également appelée « saturnisme », est le plus souvent aiguë : l’animal va présenter des troubles suite à l’ingestion d'une quantité de plomb significative (notons que l’intoxication « aiguë » est à différencier de l’intoxication « chronique », cette dernière apparaissant lors d’ingestions répétées de petites quantités de substances toxiques s’accumulant dans l’organisme).

Un perroquet ayant ingéré du plomb présentera diverses manifestations cliniques, dont la sévérité dépendra de la quantité de plomb ingérée. Plus l’animal aura ingéré de substance toxique, plus il présentera des troubles importants, et plus le risque de mortalité sera élevé.

Les symptômes qui doivent alerter le propriétaire et qui sont le plus fréquemment observés chez les psittacidés sont principalement d’ordre digestif et nerveux. Ils sont en général couplés à un état de faiblesse important. Dans de nombreux cas, l’animal va tout d’abord donner l’impression d’être fatigué et amorphe, et va arrêter de s’alimenter.

D’autres symptômes vont également apparaître : diarrhée, régurgitation, amaigrissement, émission fréquente d’urines, mais aussi l’impression que le perroquet est "saoul" et aveugle. Dans certains cas, l’animal peut également présenter un torticolis, tourner en rond, avoir des difficultés à se déplacer ou être paralysé, montrer des tremblements de la tête ou développer des convulsions.

En plus de la quantité de plomb ingérée, la survie de l’animal dépendra aussi de la rapidité de mise en place du traitement par le vétérinaire.

Face à un animal qui présenterait les symptômes ci-dessus, il est donc impératif pour le propriétaire d’amener son animal rapidement chez le vétérinaire. Sur base des symptômes présentés et des informations fournies par le propriétaire quant à la présence de plomb dans l’environnement direct du perroquet, le vétérinaire, en proie à une suspicion d’intoxication au plomb, peut confirmer son diagnostic en réalisant un dosage du plomb présent dans le sang et/ou une radiographie du perroquet.

Le plomb étant en effet fortement radio-opaque, il se repère facilement à la radio, et il n’est pas rare de pouvoir observer les particules de métaux ingérées par l’animal dans son tractus digestif. Poser un diagnostic d’intoxication au plomb n’est cependant pas toujours aisé pour le vétérinaire, d’une part parce que le propriétaire ignore souvent la présence de plomb dans son intérieur, et d'autre part, parce que diverses maladies peuvent également engendrer des symptômes identiques.

Le traitement d’une intoxication au plomb consiste essentiellement en l’administration, par voie orale ou par injection, de chélateurs du plomb, c’est-à-dire des substances qui vont attirer et fixer le plomb présent dans l’organisme, et ainsi favoriser son élimination. Véritables antidotes de l’intoxication au plomb, les chélateurs du plomb sont cependant des substances parfois très difficiles à se procurer, et pour lesquelles un certain délai d’obtention est souvent inévitable.

Ceci ne fait qu’illustrer la nécessité, pour le propriétaire, de consulter rapidement son vétérinaire lors de suspicion d’ingestion de plomb.

L’administration de laxatifs tels que des huiles minérales ou, à défaut, du beurre de cacahuètes, est également préconisé. Notons que dans certains cas, le vétérinaire peut également tenter de retirer les morceaux de plomb ingérés par l’animal par lavage gastrique, par voie chirurgicale ou endoscopique.

Bien qu’un traitement soit possible, il faut néanmoins savoir qu’une intoxication au plomb chez les psittacidés reste toujours une pathologie grave, pour laquelle le pronostic vital — c’est-à-dire la probabilité que l’animal a de s’en sortir — est très réservé.

Tableau 1 : principales sources de plomb

Peinture à base de plomb (notamment le minium : peinture Anti-rouille)

Certains lubrifiants

Certains vernis

Certaines soudures

Plomb de chasse, munitions

Plomb de pêche

Poids pour lester les rideaux et tentures

Contrepoids de roues

Poids d'instruments analytiques

Soldats et jouets en plomb

Piles et batteries

Objets en céramique

Vitraux

Cristal

Matériel d'optique

LE ZINC

Alors que l’intoxication au plomb touche aussi bien les oiseaux domestiques que les oiseaux sauvages (via l’ingestion de proies contenant des plombs de chasse), l’intoxication par le zinc est une pathologie touchant principalement les oiseaux domestiques, et qui survient souvent suite à l’ingestion d’objets divers de la maison contenant du zinc.

Le tableau 2 reprend les principales sources de zinc pouvant donner lieu à une intoxication chez le perroquet de compagnie. Des objets aussi anodins que des pièces de monnaie ou des mangeoires, des abreuvoirs et des barreaux de cage galvanisés sont autant de sources potentielles d’intoxication par le zinc.

Les teneurs en zinc des pièces de monnaie varient fortement selon leur origine, le penny américain contenant approximativement 98 % de zinc, alors que la teneur relative des euros est nettement moindre. Les pièces de 0,10, 0,20 et 0,50 euro sont ainsi constituées d’alliage nordique contenant 5 % de zinc, alors que les parties jaunes des pièces de 1 et de 2 euro contiennent notamment du laiton de nickel comportant 20 % de zinc.

La galvanisation, c’est-à-dire le dépôt d’une mince couche de zinc en surface d’une pièce métallique pour la protéger de la corrosion, est une autre source potentielle d’exposition au zinc. Certains revêtements galvanisés contiennent près de 100 % de zinc, alors que d’autres contiennent 98 % de zinc et 1 % de plomb.

Dans les années 90, des auteurs ont d’ailleurs décrit une intoxication au zinc chez 77 perruches à ventre orange (Neophema chrysogaster) vivant en captivité. La source de zinc était précisément la cage des animaux : les perruches ingéraient quotidiennement du zinc en grimpant sur les barreaux galvanisés de la cage à l’aide de leur bec.

Pour réduire le risque d’intoxication au zinc, on conseille alors de frotter les barreaux de la cage avec une brosse imbibée d’acide acétique (vinaigre).

Les symptômes présentés lors d’intoxication au zinc sont fort similaires à ceux développés lors d’intoxication au plomb : fatigue, perte de poids, régurgitation, diarrhée, émission fréquente d’urines ; l’animal peut également boire en quantité plus importante qu'avant, présenter de l’incoordination motrice (difficultés à se déplacer, donnant une impression d’état d’ébriété), voire des convulsions.

Tout comme pour le plomb, les informations apportées par le propriétaire sont très utiles au vétérinaire pour établir le diagnostic d’intoxication au zinc : nature des objets en contact avec l’animal, type de cage, de mangeoires, d’abreuvoirs, etc... Les symptômes présentés, la radiographie de l’abdomen, voire la prise de sang peuvent également aider à établir un diagnostic d’intoxication.

Le traitement de cette affection repose, similairement à l’intoxication au plomb, sur l’administration de chélateurs de métaux, et éventuellement, sur le retrait de la pièce de zinc par lavage gastrique, par endoscopie ou chirurgie. L’administration de laxatifs peut parfois permettre d’évacuer le fragment ingéré. Malgré tout traitement, le pronostic d’une telle intoxication est toujours réservé.

Tableau 2 : principales sources de zinc

Pièces de monnaie

Vis, boulons, clous galvanisés

Objets divers de décoration en zinc

Objets galvanisés

Barreaux de cage galvanisés

Fil de fer galvanisé

Mangeoires et abreuvoirs galvanisés

CONCLUSION

Les traitements lors d’intoxication au plomb ou au zinc sont souvent difficiles à mettre en œuvre et parfois inefficaces pour sauver l’animal.

Cependant, les risques d’intoxication du perroquet de compagnie peuvent être relativement aisément gérés par une prévention adéquate : le propriétaire veillera ainsi, dans la mesure du possible, à supprimer de l’environnement de l’animal les objets susceptibles de contenir du plomb et/ou du zinc.

Malheureusement, il faut constater que les informations relatives à la composition chimique des éléments de l’environnement sont souvent lacunaires voire carrément absentes. Le propriétaire aura donc souvent beaucoup de difficultés à identifier les sources potentielles de métaux lourds.

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